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Lars Von Trier/John Cage, le jeu des différences
Oui, je me suis réconcilié avec Lars. Et pourquoi j’ai tant aimé celui-ci (« Le Direktør », en français – traduction idiote du beaucoup plus juste « The Boss of it all ») ; et pourquoi je suis allé le voir — ayant promis, depuis le monstrueux « Breaking the waves » et l’impardonnable « Dancer in the dark », que je ne verrais plus jamais un film de LvT ? Parce qu’ici le sujet du film est le chaos et parce qu’ici le hasard sert parfaitement le sujet absurde traité dans le film (le jarryesque monde du bureau). LvT ne choisit pas ses plans. Il a dû considérer cette tâche beaucoup trop déterministe pour un sujet si peu saisissable : il laisse choisir les plans à un générateur aléatoire de plans, qui rend l’encadrement et les coupures des séquences d’un incertain exquis. Pour une fois, le procédé est au service exact de la forme et du sujet. Chapeau. Que le film soit (ou non) une comédie peu m’importe. Par contre, qu’un demi-siècle plus tard, les procédés du hasard inaugurés en musique par John Cage soient exploités dans le cinéma, a priori un art beaucoup plus planifié que les autres, cela me réjouit. Et je trouve juste que le film n’ait pas de musique – encore un hommage à Cage ? (on me dira que les dogmatiques n’utilisent presque jamais de musique – but who knows). Et il me plaît que ce « petit film » soit proche des trois merveilleux petits grands travaux du Danois : « Europa », « Les Idiots » et « The Kingdom ». (Et oui, j’irai voir le prochain). 28 FEV 2007 |
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